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  • : JOUATTE Christophe - 49 ans - Responsable transport - Marié - 2 enfants - 1m81 - 72 kgs -
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Prochaine course : Maxi-Race le 31/05/2014.

 

 


 

 

 

 

 

 

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Bonjour, nous sommes le


Planning 2013

 

Maxi-Race le 31/05/2014 (85 kms)

Trail des 3 refuges le 13/07/2014 (53 kms)

Ultra Trail du Mont-Blanc le 29/08/2014 (166 kms)

 

 

 

 

22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 16:01

Et coucou à tous, me revoilou après 5 mois intenses d'entraînement, en route pour mon objectif de l'année le 29 Août prochain : l'ULTRA TOUR DU MONT-BLANC(166 kms pour 10 000m de D+).

Après mon échec de l'an dernier, j'ai décidé de me reprendre en main car la motivation avait un peu disparu et malgré une bonne course en Corse, je ne m'étais pas assez entraîné pour enchainer deux ultra trail en deux mois d'intervalle.

Alors quoi de mieux, l'année de mes 50 ans, qu'une bonne reprise en main et hop, depuis début janvier, je me suis remis au travail et le résultat est là : 4 kilos de perdu et surtout une envie totalement retrouvée !!!

La semaine prochaine, le samedi 31 mai, je vais donc participer à ma première course de préparation qui sera la Maxi-race, 85 kms pour 5300 m de D+

En route pour le Mont-Blanc !!!

Ce trail qui a lieu à Annecy nous fera faire le tour du lac...... par les montagnes !!!!

Départ à 3h du mat le samedi 31 mai avec une arrivée maxi à 21 h.

En route pour le Mont-Blanc !!!

Voici une petite vidéo des éditions précédentes.

Pour ceux que çà intéresse, vous pourrez me suivre tout au long de l'épreuve sur mon mur de Facebook.

Allez je vous laisse et je vous donne des nouvelles dès mon retour.

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 06:11

Après l'annulation de la Maxirace à cause des conditions climatiques fin mai dernier, je vais disputer le 5 juillet prochain ma seule et unique course de préparation pour le Mont-Blanc.

 

Cette course, l'Ultra trail di Corsica, va me permettre de voir ou j'en suis reéllement car bien que je me sois entrainé sérieusement, je ne sais pas du tout comment mon corps va réagir sur une aussi longue distance.

 

affiche restonica trail 2013 fin-copie-1

 

Cet Ultra (1ère édition) se déroule au départ de Corte en Corse dans la vallée de la Restonica et partira le vendredi 5 juillet prochain à 4 h du matin.

 

Au programme des festivités, une boucle de 105 kms avec 7500 m de dénivelé + et 7500 m de dénivelé -

 

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Vous trouverez un suivi-live sur le site de la course en cliquant sur les courses, ultra trail et en direct. 

 

Pour vous donnez une petite idée de ce qui nous attend, voici une petite vidéo sur le 68 kms de l'an dernier.

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 16:12

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Me voila de retour de la Transmartinique ou la course s'est passée à merveille : après une année sans course, j'ai vraiment eu l'impression de ne jamais avoir arrêté et je termine en 58 eme position en31h30m54s.

 

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Bien entendu, il m'est arrivé quelques petites péripéties que je vous raconterez dans un prochain récit mais dans l'ensemble tout s'est très bien passé et j'ai donc réussi à récupérer les points qui me manquaient pour participer a l'Ultra-tour du Mont-Blanc en Août prochain!!! 

 

En attendant le récit, voici un petit film qui résume assez bien cette course (cliquez sur l'image ci-dessous) 

 

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Bon maintenant, un petit peu de repos et hop on s'y remet pour 2013 !!!

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 14:06

Et bien voilà, l'entraînement est maintenant terminé et le départ pour la Martinique se rapproche à grands pas (lundi matin).

 

Je pense être fin prêt pour affronter ce parcours qui me parait, plus je me renseigne, de moins en moins facile !!!!

 

denivelé TM

 

Une première partie (90 kms) avec beaucoup de dénivelé dans une nature luxuriante et.......boueuse et une deuxième le long des plages à courir dans le sable en plein cagnard !!!

 

Hummmmm....pas facile tout cela mais si je veux participer au Mont-Blanc l'an prochain et bien il me faut aller chercher les 3 points qui me manquent.

 

En parlant du Mont-blanc, j'ai déjà calé (signe que je suis optimiste) deux courses de prépa pour 2013 :

 

- la Maxi-Race autour du lac d'Annecy 84 kms pour 5000 m de D+ le 26 mai

 

- la Restonica Trail en Corse 105 kms pour 7000 m de D+ le 4 juillet

 

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L'organisation de la Transmartinique a mis en place un suivi-live qui sera effectif le samedi 1er décembre à 3h du matin (heure de Martinique) soit 8h en métropole.

 

Pour ceux qui veulent me suivre, cliquez sur le dossard 41

 

Allez je vous donne rendez-vous mi-décembre pour un superbe compte-rendu !!!

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 16:48

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Dans 20 jours, le samedi 1er décembre à 3 heures du matin (8h en métropole), le top départ de la Transmartinique sera donné et je m'élancerai dans une nouvelle aventure qui s'annonce dépaysante !!!

 

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Durant toute sa première moitié, le parcours s'annonce extrêmement exigeant avec apparemment énormément de boue.

 

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Au programme, l'ascension de la montagne Pelée, point culminant de l'île à 1397 m

 

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puis une succession de Morne (Rouge, Crête du Cournent, Jacob, Lorrain, Valentin et Vauclin) à la Martinique cela signifie mont ou montagne, tout ceci durant 90 kms.

 

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Ensuite, les 43 derniers kms nous rapprocheront petit à petit du sud  et des fameuses plages des Caraibes.

 

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J'ai trouvé sur le net un petit film qui résume assez bien ce parcours (cliquez sur le profil ci-dessous)

 

denivelé TM

 

Demain matin dernière sortie longue et l'entraînement tirera ainsi à sa fin. Ensuite, il ne me restera plus que quelques petits footings d'entretien et la préparation sera terminée.

 

Bien entendu, je ne serai pas au top comme l'an dernier avant la Diagonale (normal après 6 mois d'arrêt complet) mais je me sens vraiment bien et tout l'entraînement effectué depuis début juillet commence à porter ses fruits. En plus, je pense que mon expérience sur ce type de course va vraiment m'aider à aller au bout.

 

"Aller au bout" tel est mon seul objectif car je tiens absolument à récupérer les 3 points qu'il me manque pour participer à l'Ultra Tour du Mont-Blanc l'an prochain avec mes amis de la "Cro-Magnon"

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 13:00

 

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En préambule, je voudrais tirer un énorme coup de chapeau à mes amis Ange et Colette qui viennent de venir à bout de La Diagonale des Fous après 61h et 35m d'efforts.

 

Bravo à tous les deux, vous êtes maintenant deux grands "FOUS" !!!

 

De mon coté, la prépa pour la Transmartinique suit son cours et pour l'instant tout se passe très bien. Je suis maintenant rentré dans la période spécifique et je fais donc du dénivelé, du dénivelé et encore .....du dénivelé.

 

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Cette course de 130 kms (5230m de D+)  traverse l'île de la Martinique du Nord au Sud en empruntant principalement des chemins de randonnées. Comme vous pouvez le voir sur le profil ci-dessous, l'essentiel du dénivelé est concentré sur les 90 premiers kilomètres.

 

denivelé TM

 

Le départ sera donné le samedi 1er décembre à 3h du matin de la commune de Grand Rivière (Nord de l'île) et l'arrivée aura lieu sur les plages de la Caraibe du sud à Sainte-Anne. Il faudra être arrivé avant le dimanche à 21h.

11 postes de ravitaillements seront répartis sur le parcours dont 2 grosses bases de vie à Saint-Joseph et au Vauclin.

 

Voici le dossier de presse de la course.

 

L'objectif pour moi est très clair : simplement terminer afin d'avoir mes trois points pour faire l'UTMB l'an prochain donc pas de stress de temps ou de classement juste ........finir !!!!!

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 07:44

Coucou à tous,

 

et bien oui vous ne rêvez pas, 10 mois après mon dernier article, je suis de retour !!!!!!

 

Après ma dernière Diagonale des Fous et une petite pause de 2 mois, je devais normalement reprendre en décembre et m'inscrire avec mes amis de La Cro-Magnon à l'Ultra-Tour du Mont-Blanc.

 

Oui mais voilà, le fait de ne pas avoir été retenu au tirage au sort et un début d'année compliqué essentiellement lié au travail (déménagement de mon entreprise d'Aix à Vitrolles) plus quelques petits soucis de la vie ont fait que j'ai complètement abandonné la course à pied jusqu'à fin juin dernier.

 

Début juillet arrive les grandes vacances et dés la première semaine, l'envie de rechausser les runnings me reprend. Hummm.......un peu difficile les premiers footings mais cela est bien normal après un si long break.

Le corps souffre un peu mais la tête sait très bien ce quelle veut : PARTICIPER AU PROCHAIN ULTRA TOUR DU MONT-BLANC en Août 2013 avec Ange, Colette et Didier.

 

Ayant été recalé au tirage au sort de cette année, nous sommes prioritaires l'an prochain et certain d'avoir notre place si nous avons les points qualificatifs.

 

Et c'est bien là qu'est le problème pour moi !!!!

 

En effet, comme je n'ai pas couru de course cette année, il me manque trois points sur les sept qu'il faut (j'ai les 4 points de La Diagonale de l'an dernier) pour être accepté.

 

Nous sommes fin juillet et il faut donc que je trouve une course qualifiante à 3 points d'ici le 31 décembre. Difficile car il n'en reste pas beaucoup.

 

En France, il y a bien Les Templiers, mais c'est déjà trop tard, il n'y a plus de place.

 

En fouillant, sur le site de l'UTMB, j'en trouve enfin une et après quelques jours de réflexion, je décide de m'inscrire à LA TRANSMARTINIQUE 133 kms pour 5250 m de D+ (cliquez sur les 2 images pour voir des petites vidéos).

 

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Voilà, après avoir traversé l'île de la Réunion, "le coureur fou" hi hi hi.......va faire la traversée de la Martinique avec comme seul objectif de finir afin d'avoir mes 3 points pour l'Ultra -Tour du Mont Blanc.

 

Bon maintenant que je suis inscrit, il faut s'entraîner sérieusement et je continue tout le mois d'août à reprendre progressivement afin de monter petit à petit en régime.

 

Fin Août, j'arrive déjà à faire des sorties de 2h-2h30 s'en trop souffrir et s'est vraiment très encourageant : la forme revient finalement assez vite !!!

 

Mes trois amis de La Cro, Ange, Colette et Didier participant au mois d'octobre prochain à la Diagonale des Fous, une idée me vient d'organiser autour de la maison sur mes terrains d'entraînement, une sortie d'environ cinq heures tous ensemble.

 

De leur côté, cela leur fera une fin de prépa et du mien cela me permettra de faire ma première sortie assez longue.

 

Nous avons donc effectué cette sortie vendredi et nous nous sommes vraiment régalés en montant et descendant les sentiers autour de la Siagne.

 

Merci Didier pour les photos.

 

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Cette magnifique sortie n'a fait que confirmer ce que je ressentais déjà : ça y est je suis reparti pour de nouvelles grandes aventures !!!

 

Pour finir ce premier article, il faut préciser qu'après l'effort, nous nous sommes accordé un petit peu de réconfort hi hi hi.....

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 17:06

Samedi 15 Octobre 2011, peu avant 16h,………………… je déboule comme un dératé, que dis-je comme un fou, enfin en gros à fond la caisse sur la route qui mène au stade de La Redoute à Saint-Denis (j’entend alors la plupart des gens présents sur les bas-côté dire « regarde le celui-là on dirai pas qu’il a fait 162 kms »).

Oui mais ce qu’ils ne savent pas c’est que cela fait 4 ans que j’attends ce moment là !!!

Alors, avec un sourire lumineux qui irradie mon visage, j’en rajoute volontairement beaucoup, haranguant toutes ces personnes pour qu’elles m’encouragent (ce qu’elles font avec une gentillesse incroyable), c’est trop bon……….16h…………………..je pénètre enfin dans l’enceinte du stade, commence déjà à lever les bras, me tourne à droite, va à gauche, tape dans les mains des petits enfants……………..ouppssssssssssssssssssssss………qui vois-je juste en face de moi qui m’a soutenu dans l’angoisse depuis presque 2 jours …………….ma petite femme adorée, je m’arrête ou plutôt……..je lui saute dessus, l’étreinte fût………..bestiale dirons nous, mais je vous en passe les détails (les gens présents autour de nous sont morts de rire !!!), je voudrais qu’elle finisse le tour du stade avec moi mais elle préfère que je le fasse seul me disant « c’est ton moment à toi, alors savoures le », je repars dans une sarabande, ivre de joie, regardant tout ce qui se passe autour de moi avec des yeux grands comme cela afin d’immortaliser à jamais tous ces moments d’une inqualifiable émotion, je saute de partout comme un petit cabri !!!, une dernière petite ligne droite, je suis une véritable pile électrique, maintenant j’arrive devant la tribune pleine à craquer à cette heure-ci, j’hurle tout ce qu’il me reste dans la voix (je pense sincèrement que beaucoup d’entre eux ont du me prendre pour un ……..  Fou mais ce n’est pas grave je suis tout simplement…….. HEUREUX, me plante devant tous ces spectateurs, leur adresse mon plus beau sourire,  lève les bras les poings serrés, pffffffffff………..l’instant est magique, au-delà de mes espérance (je pense que mes trois premiers échecs et tous les efforts que j’ai déployés durant cette course ont décuplé au centuple ma joie)……….11379375moy.jpg11379377moy.jpg11379378moy.jpg16h 01m 54s : je passe sous l’arche et franchit enfin la ligne d’arrivée de LA DIAGONALE DES FOUS. La première personne à me serrer la main et à me féliciter est le président de la course Mr Robert Chicaud, je pense qu’il a du être interpellé de loin par tous les cris que j’ai poussé et qu’il a du se dire je vais allez voir cet énergumène !!!!!! Une bénévole me passe la médaille au cou et je me plante de nouveau droit comme un i devant la tribune dans laquelle ma femme à pris place et reste là immobile quelques instants, je souris toujours comme un gosse, ivre de bonheur et essaye de réaliser ce que je viens de faire. 16h 02m et des brouettes………… ma Diagonales des Fous est terminée !!!

 

Octobre 2010, j’appelle ma femme pour qu’elle vienne me chercher à Deux-Bras avec mes amis Katie et Jean-Jacques. Je viens pour la troisième année de décider d’abandonner. Cette année pas de blessure mais une course complètement ratée et le sentiment permanent de se demander ce que je « foutais là ». Je lui annonce immédiatement que j’arrête la course à pied et lui dit carrément de « brûler » toutes mes affaires !!!!  Après une bonne coupure d’un mois, je reviens sur ma décision et participe au trail de Noël à Ollioulles (décembre 2010) avec mes amis de La Cro-Magnon Ange, Did et Colette. Ensemble, nous avions un projet commun pour le mois d’Avril (l’Occitane) alors, comme je n’aime pas promettre et ne pas faire, j’ai décidé de reprendre pour voir si l’envie revient. Dans l’ensemble, ce trail de Noël ne s’est pas trop mal passé, ce qui est déjà dans un premier temps encourageant.

 

Février 2011, arrive une nouvelle course de prépa pour l’Occitane, les Drailles de la Galinette et là patatras, un calvaire, comme sur La Diagonale, je n’ai plus aucune envie……….c’est le véritable gouffre, je me demande constamment ce que je fous là, les kilomètres passent lentement et là j’ai vraiment le temps de prendre ma décision, cette fois-ci c’est sur j’arrête tout. Dans un premier temps, je préviens mes amis Ange, Did et Colette que je renonce à l‘Occitane. Ils sont déçus mais j’espère qu’ils ont compris ma décision. Ensuite, j’essaye bien entendu d’analyser et de savoir pourquoi j’en suis arrivé là : en ai-je trop fait, est-ce l’ensemble vie privé-boulôt-sport qu’il faut que je revois, je n’en sais rien et décide pour l’instant de faire le vide complet et de ne plus penser du tout à la course à pied.

 

Courant Avril 2011, lors d’un repas de famille chez ma belle-sœur et mon beau-frère, Solange et Norbert, mon neveu Fabien et sa copine Océane me propose de participer avec eux à un raid multisports par équipe : le raid de Mougins. Ce raid comprendra diverses épreuves tel que du tir à l’arc, de la course à pied, du vtt, une épreuve de force, de l’orientation, du canoë, du tir à la carabine plus quelques épreuves surprises…. Après quelques jours de réflexion, j’accepte et vu qu’il manque un quatrième participant nous embringuons dans l’histoire mon autre beau-frère Eric. Bon c’est bien beau tout cela, mais cela fait maintenant deux mois que je n’ai strictement rien fait alors il va falloir dérouiller la machine. Je commence alors un petit programme de remise en forme, tout d’abord seul, puis nous attaquons des entraînements communs avec mes nouveaux coéquipiers essentiellement basés sur la course à pied et le vtt. Je me régale à leur faire découvrir de nouveaux parcours soit autour de chez moi, soit au parc de la Valmasque soit enfin autour du lac de St-Cassien. Pour boucler notre préparation, nous faisons aussi un petit peu de canoë et voilà après un bon mois et demi de prépa, nous sommes prêt pour le raid. Durant cette prépa en gros tout au feeling, je dois reconnaître que le plaisir de faire du sport est revenu petit à petit et un dimanche matin une petite idée s’est introduit dans ma tête : comme je suis d’un naturel têtu, pourquoi je ne retenterais pas ma chance sur La Diagonale ? Je suis à la maison et presque immédiatement je vais sur mon ordinateur et clique sur le site de la course (je savais que c’était comme tous les ans à peu près l’époque des inscriptions) Ouppssssssss……………les inscriptions sont bien ouvertes et une phrase en gros annonce……..qu’il ne reste que 50 places !!!!! Que fais-je ????? Il est clair que pour l’instant ce n’est qu’une petite idée qui s’est immiscée en moi mais serai-je vraiment capable de me remettre dans une grosse préparation afin de terminer enfin cette course ? Je commence mon inscription puis au moment de valider par le paiement j’annule tout et ainsi de suite deux ou trois fois, j’y vais, je n’y vais pas…….valse hésitation, je ne sais vraiment pas quoi faire !!!!! Allez hop, ça y est c’est décidé je m’inscrit (car il reste trop peu de place et après cela sera trop tard) et après il me restera du temps pour savoir si j’y vais ou pas : mon inscription est VALIDEE !!!

 

Fin mai 2011, le raid de Mougins a lieu et nous terminons à une honorable 26 eme place (sur 45 équipes) mais l’important et surtout que j’ai pris un maximum de plaisir durant ces deux jours avec mes coéquipiers. Durant ce raid qui se déroulait non loin de chez moi, j’ai découvert lors d’une épreuve d’orientation de nombreux sentiers avec de belles montées et de belles descentes que je ne connaissais pas du tout. Eh eh eh…..cela continue à me donner de nouvelles petites idées pour mon entraînement à venir !!!! Après ce raid, je continue sur ma lancée et me concocte un petit programme jusqu’à fin juin (alternance de course à pied et de VTT) ou je me suis fixé comme objectif un petit duathlon dans ma commune du Tignet de 5 kms de cap- 27 kms de vtt et de nouveau 5 kms de cap.

 

Fin juin, le duathlon a lieu et là encore tout se passe bien. Bon maintenant il faut se décider car il ne reste que 4 mois. Ma décision est prise : je vais participer une quatrième fois à La Diagonale des Fous. Ni une ni deux, je réserve les billets d’avion, concocte au plus vite un petit voyage sympa autour de la course (cette année ce sera Ile Maurice) et hop le tour est joué…. C’est marrant maintenant que tout est validé, je suis content, heureux mais surtout et c’est ce qui me marque le plus je suis étonnamment serein, certain de mon choix et surtout de l’issue de la course : cette année je serai finisher !!!

 

Je décide aussi pour l’instant……….de ne parler à personne de ma décision (même pas à ma femme). Cette décision peut paraître bizarre mais je veux tout positiver autour de moi afin de me forger un mental à toute épreuve (il faut être clair après une analyse poussée et avec l’expérience dans mes trois premiers abandons la tête a un moment donnée lâchée prise !!!) Le fait de n’en parler à personne va me permettre d’éviter les questions du genre « cela fait combien de fois que tu abandonnes » ou bien « tu vas enfin finir cette fois » et ainsi de me préparer sereinement.

 

Début juillet 2011, je démarre une préparation spécifique sur 3 mois que je me suis concocté spécialement. Trois (voir quatre) sorties par semaine basées essentiellement sur un travail de montée et de descentes (contrairement aux autres années j’inclus du vtt dans ma prépa)

En parlant de montée et de descente, je me suis trouvée une montée…….dantesque (pas vrai Océane tu vois de laquelle je veux parler !!!!!) ce qui me permettra de me forger un moral à toute épreuve. Vous savez une montée hyper raide ou tout vous brûle…..pfffff au final je ne sais plus combien de fois je l’ai faite avec mon mp3 bourré de musique techno sur les oreilles mais si j’ai terminé La Diagonale c’est en grand partie grâce à elle (en effet à coté d’elle certaines montées de La Réunion m’ont paru « faciles » hi hi hi……) Autre décision, contrairement aux autres années, je ne participe à aucune course et me concentre uniquement sur mon entraînement et un travail psychique (TOUT POSITIVER).

 

Voilà nous sommes maintenant mi-Août et un petit incident se produit : ma femme commence à trouver de plus en plus bizarre que je m’entraîne autant…….Bon allez, il est temps de lui annoncer………Cool alors que je m’attendais à ce qu’elle est un petit sentiment de colère (du genre « tu me fais ….avec ta course ») et bien pas du tout, elle est ravie (certainement l’Ile Maurice y est pour quelque chose !!!!) mais perso cela me fait hyper plaisir et me conforte dans ma positive attitude. Fin Août annonce à nos enfants (qui me disent de suite que je suis….fou) , les semaines défilent et tout est de plus en plus clair dans ma tête : je suis certain que je vais allez au bout cette année. C’est marrant les autres années je disait que j’allais terminer mais au fond de moi je n’en étais pas du tout persuadé et je stressé beaucoup alors que là je n’ai aucun doute. Début Septembre, annonce à la famille et à quelques amis.

Voilà le tour est joué, nous sommes fin septembre, l’entraînement touche à sa fin, j’annonce enfin à mes collègues de course à pied (forum) que j’y retourne et maintenant YAPLUKA…..

 

Jeudi 13 Octobre 2011 à 21h, ça y est, 6 mois après ma décision, je pénètre dans le sas de départ du stade du Cap Méchant avec un étrange sentiment de déjà vu (c’est quand même la quatrième fois !!!) et aussi l’impression que c’est la première fois (en effet lors de toute ma préparation mentale, j’ai complètement occulté de ma mémoire mes trois premières participations). Contrôle des sacs et hop je vais me poser tranquillement sur le stade. Assis j’attends patiemment l’heure du départ. Le speaker fait monter progressivement l’ambiance, je suis obligé de me lever car l’ensemble des raideurs s’est rapproché d’un coup.

 

Cap Méchant – Kiosque Basse Vallée (15eme kms) : 1h 46m 54s en 667 eme position.

 

22h tapantes, Mr Robert Chicaud nous libère et voilà une nouvelle grande aventure démarre. Le départ est comme d’habitude impressionnant, je suis littéralement porté tellement nous sommes les uns contre les autres et je suis une nouvelle fois abasourdi par le départ rapide de tous les raideurs (on ne dirai pas que l’on part pour 162 kms mais plutôt pour un dix kilomètres) Bon dès que j’ai à peu près la place de courir, je décide immédiatement de ralentir mon rythme et de me caler dans un tempo tranquille. Il y a un monde fou sur le coté des routes, l’ambiance est incroyable et s’est un véritable concert de cris, klaxons, ….. J’essaye d’être très vigilent car tellement nous sommes serrés et qu’il y a du monde, la chute peut vite arriver. Ca y est, nous quittons la route et bifurquons dans les champs de cannes à sucre qui montent progressivement vers le kiosque de Basse Vallée. Cette partie que je connais maintenant par cœur est très difficile à négocier car il est très facile de se griller d’entrée si l’on va trop vite. J’alterne dès le début marche et course (un petit peu de marche dans les lacets un peu pentus), fais bien attention de me ravitailler régulièrement (une petite gorgée toutes les dix minutes). En me retournant vers Cap Méchant, je vois un serpentin de frontales qui m’a toujours impressionné. Voilà après 1h46 de course qui sont passé à vitesse grand V, j’arrive au kiosque qui est la base de la montée du volcan. Afin d’être un peu plus léger pour cette partie de course, je n’avais pas remplie complètement mon camel, je prend donc le temps de bien faire le plein avant de me lancer dans la montée du volcan.

 

Kiosque Basse Vallée – Volcan (30 eme kms) : 5h 58m 32s en 582 eme position.   

 

C’est parti pour la première grosse ascension du parcours (1800 m de d+). L’an dernier, j’avais su d’entrée dans cette montée que je n’irai pas au bout tellement j’étais déjà à l’envers. Aujourd’hui rien de tel, je sens de suite que je suis bien, je me cale derrière le concurrent précédent et adopte un rythme soutenu. Je sens que je pourrais allez un peu plus vite si je le voulais mais je ne veux surtout pas gaspiller d’énergie inutile : doubler dans le volcan et un exercice difficile pour finalement un gain de temps infime. Nous rentrons maintenant dans la partie hyper pentue (il faut savoir que le volcan se divise en gros en trois partie, une première pas trop raide, une partie centrale très pentue et une dernière partie un peu moins raide), je suis toujours derrière le même concurrent et nous gardons un rythme régulier et soutenu.

C’est à ce moment que je repense déjà à ma fameuse pente d’entraînement et au bienfait qu’elle m’a apporté, même dans la partie dure du volcan j’ai l’impression d’être facile !!! Plus nous montons et plus l’air se rafraîchit (en plus un petit vent se lève comme souvent sur le sommet ), je commence à sentir le froid, comme je suis parti en tee-shirt manches courtes, je m’arrête et prend soin de me couvrir un peu plus en rajoutant une deuxième couche manches longues. Allez c’est reparti, la fin de l’ascension se passe sans aucun problème et j’atteint le ravitaillement de Foc Foc en 5h 12m 02s. Il fait froid et sachant que le prochain ravito du volcan n’est qu’à à peine trois quarts d’heure, je ne m’éternise pas, une banane, des fruits secs vite avalés et hop je repars. Cette partie Foc Foc – Volcan permet de nouveau de courir après trois heures de marche et cela est vraiment très agréable de se dégourdir les jambes. Je double pas mal de concurrents sur cette partie et pour tout vous dire, je me régale !!!!  Ouppsssss sans m’en rendre compte j’atteins facilement le gros ravito du Volcan premier objectif de ma course : tout va bien !!!

Le prochain gros arrêt prévu pour moi n’étant que dans trois heures (Mare à Boue), je souffle un peu, prend une bonne soupe, un petit sandwich, refait tous mes pleins méticuleusement, camel avec eau et gourdes avec produits énergétiques. Je discute un peu avec des bénévoles en me mettant à l’abri du vent sous leurs tentes et après 15 minutes d’arrêt très bénéfiques……je reprends ma route.

 

Volcan – Mare à Boue (50 eme kms) : 9h 01m 00s en 502 eme position.  

 

Je repars tranquillement en courant dans la plaine des sables du Volcan en faisant très attention de ne pas allez trop vite : en effet, pour moi, comme je connais maintenant très bien le parcours,  tout est très clair dans ma tête, je sais que la course ne démarre qu’à partir de Cilaos (90 eme kms). En effet, il faut être encore frais en arrivant là-bas si l’on veut avoir une chance d’allez au bout. J’arrive au pied de l’ascension de l’Oratoire Ste Thérèse. Cette montée, qui nous permet de sortir de l’univers désertique du volcan, est assez abrupte mais relativement courte donc je la franchis sans aucune difficulté en compagnie de deux autres raideurs qui m’accompagne durant toute cette montée.  Nous atteignons ensemble le ravitaillement du piton Textor avec une ambiance de folie sous la tente mais comme je l’avais prévu dans mon planning de course, je ne m’arrête pas et je file direction Mare à Boue. Comme ce ravito porte bien son nom, je commence à rencontrer de la boue dans la descente et il faut vraiment être vigilent car cela glisse beaucoup. Il faut que je vous précise maintenant, car cela aura de l’importance tout à l’heure, qu’il a énormément plu sur La Réunion dans les jours précédents la course. Nous dévalons maintenant les pentes boueuses à travers les champs hyper verts qui me font un peu penser à la Normandie, direction Mare à Boue (c’est ce changement continuel de paysage qui est vraiment fabuleux sur cette course). 11350735moy.jpgLa boue est de plus en plus présente et il faut vraiment faire très attention ou l’on met les pieds afin d’éviter les trop grosses flaques. La descente, assez dangereuse à cause de la boue, est maintenant terminée et je retrouve la route et la civilisation (il y a en effet  pas mal de supporters à cet endroit). Ca y est, en prenant soin d’alterner toujours marche et course, j’atteints Mare à Boue. D’entrée je prends pour la première fois soin de mes pieds et me repasse de la crème Nok afin d’éviter les ampoules. Ensuite, après avoir une nouvelle fois refait mes pleins, je m’octroie une chaise, me mets en plein soleil et fais une petite pause en fermant les yeux : le soleil me réchauffe ….hummmmm…..franchement qu’est ce que je suis bien !!!! Bon ce n’est pas tout mon gars d’être bien mais il faut maintenant songer à repartir. Avant de m’élancer, direction Hell-Bourg, en passant par les sentiers de Bélouvé, je m’inquiète auprès des bénévoles pour savoir s’ils savent si l’on passera par les sentiers ou par la route : en effet au briefing d’avant course la direction n’avait encore pas pris la décision de nous faire passer par les sentiers car il y avait apparemment trop de boue. Ils me répondent qu’ils n’en savent rien alors je repars sans inquiétude particulière (toujours ma zen attitude) et en me disant qu’on fera……..ce qu’ils veulent bien qu’on fasse !!!

 

Mare à Boue – Hell Bourg (71 eme kms) : 14h 07m 46s en 500 eme position.

 

Alors là, je ne le sais pas encore mais je viens de partir pour « le moment » d’anthologie de cette Diagonale !!! En effet, la direction de la course a finalement décidé de nous faire passer quand même par les sentiers malgré la présence abondante de boue et quand je dis abondante, je suis largement en dessous de la vérité. Je vais mettre plus de cinq heures pour effectuer……..21 kms !!!!!! Le départ de Mare à boue s’effectue tranquillement sur des sentiers larges relativement secs et j’alterne tranquillement marche et course en fonction du relief. Petit retour par la route sur quelques kilomètres puis……..et oui c’est bien confirmé, on bifurque……….comme prévu par les sentiers…….alors là et bien c’est Verdun…….de la boue de partout, aucun appuie possible, chaque pas est une glissade, on essaye de mettre les pieds sur des pierres, sur des morceaux de bois afin de ne pas s’enfoncer. Pfffffff………..cette partie devient épuisante, bon au début j’ai vraiment essayé d’éviter au maximum la boue mais finalement je m’aperçois que c’est plus épuisant qu’autre chose alors je change de tactique et j’adopte l’attitude « droit devant » sans faire attention à éviter la boue, plofff…..par endroit, sans vous mentir j’ai de la boue jusqu’au genoux !!!!! Cà râle dur dans le peloton, j’entends maudire la direction de course, mais bon perso j’essaye de rester dans ma bulle, me concentre un maximum sur mes appuis, et essaye vraiment de faire abstraction de tous ces commentaires négatifs. Par moment, nous devons « frôler » le 1 km/heure de moyenne tellement notre progression est lente hi hi hi…..je rigole maintenant mais sur le moment je n’en mène pas large, j’ai surtout très peur de payer plus tard cette énorme débauche d’énergie. Après moults efforts, nous attaquons maintenant une descente très sportive (il faut être hyper vigilent car la boue est toujours très présente) qui nous ramène sur la route de Bélouvé. Puis rebelote, nous réattaquons encore d’autres sentiers, j’ai vraiment le sentiment que cette portion est interminable. De la boue, de la boue et ……..encore de la boue !!!!! 11356365moy.jpgMalgré la fatigue qui commence à se faire sentir, je reste serein, je prends soin de prévenir ma femme qui m’attend à Hell Bourg que j’aurai une bonne heure de retard sur le temps prévu et je repars tel un métronome, avancer coûte que coûte telle est ma devise sur ces sentiers difficiles. Voila le plus dure est fait, j’atteints la route forestière puis la barrière de Bélouvé, la boue a pratiquement disparu et l’on retrouve une configuration a peu près normale de course. Le gîte de Bélouvé passé, je m’élance dans la grosse descente  sur Hell-Bourg (600 m de D-). 11342228moyLà je retrouve petit à petit mes jambes, et bien qu’étant très vigilent, j’essaye de me mettre en position d’attaque. Je dévale cette descente, double un paquet de concurrents presque à l’arrêt, vole de pierre en pierre, bref la boue n’est plus qu’un mauvais souvenir. Voilà, j’atteints le stade et aperçois tout de suite ma petite femme qui m’attends depuis plus de trois heures (en effet l’an dernier elle m’avais raté à cet endroit en arrivant trop tard alors cette année elle avait pris de la marge !!!!!) Dans mon planning de course, j’ai prévu un arrêt un peu plus long ici afin de profiter un petit peu d’elle mais aussi en prévision du programme à venir avec la terrible ascension du Cap Anglais puis du gîte du Piton des Neige et la descente vertigineuse sur Cilaos. L’an dernier à cet endroit, j’étais déjà « cramé » alors que là, et ce malgré l’énergie dépensée dans la boue, je suis bien et même relativement frais. Même ma petite femme trouve que j’ai un visage « pas trop marqué », comme elle dit….. Quel bonheur de pouvoir profiter durant quelques instant d’un être cher !!! Je m’assoie sur une chaise à coté d’elle et nous discutons de tout et de rien (elle me raconte le nombre incroyable d’appel et de sms de personnes qui me suivent de loin sur internet). En parlant de sms, j’en ai reçu aussi une multitude mais je ne les ai pour l’instant pas consulter car j’ai décidé de la faire quand je rencontrerai des moments difficiles afin de me remonter le moral. 25 minutes que je suis là, il est maintenant temps de partir à l’assaut des pentes du Cap Anglais et du Gîtes du Piton des Neiges (10 kms pour 1500 m de D+). Un dernier petit bisou (ou plutôt gros bisou !!!) à ma femme et je lui donne rendez-vous à La Redoute.

 

Hell Bourg – Cilaos (88 kms): 19h 15m 03s en 404 eme position.

 

Go go go……je m’élance d’un pas décidé dans cette montée redoutable du Cap Anglais. L’an dernier, j’en avais « chier » comme on dit alors cette année j’ai décidé de ne pas subir et d’attaquer. Au début, je me cale tranquillement derrière un petit groupe de 4 personnes. Je fais un petit bout de chemin avec eux  mais le rythme ne me convient pas alors je prends la décision de les dépasser et d’augmenter le tempo. Rapidement, je les distance, la montée devient de plus en plus raide en passant par un sol jonché de racines d’arbres. Petit à petit, je remonte sur des concurrents isolés et les passent sans baisser de rythme. Cela fait maintenant une bonne heure que je grimpe et les jambes commencent à tirer, la pente s’accentue encore, je sais, pour connaître le parcours que je suis dans l’endroit le plus difficile du Cap mais que la fin de la montée ver le gîte du Piton est beaucoup moins abrupte, alors je serre les dents, fais le vide dans ma tête et ne pense qu’à une chose, être dans ma bulle et avancer mètre après mètre. Pfffff là çà devient vraiment dur, la pente est…….un mur, je m’arrête, m’assoie sur une pierre, mange une petite barre énergétique à la pâte d’amande et comme je l’avais prévu dans un moment difficile je sors mon téléphone portable et j’écoute mes petits sms……vous ne pouvez pas savoir comme cela fait du bien de savoir que tant de gens sont derrière vous. Allez c’est reparti, cette brève halte m’a reboosté et je suis prêt à en découdre avec la dernière partie  de la montée de ce fameux Cap Anglais. Le souffle est court, les cuisses brûlent mais imperceptiblement, mètre après mètre, je progresse et je sens que je me rapproche inlassablement du sommet. L’air s’est consiblerablement rafraîchi, un peu de brouillard apparaît et soudain plusieurs concurrents assis surgissent devant moi : le sommet est enfin atteint. Je m’affale sur le sol, m’assoit et c’est alors qu’apparaît un petit signe du destin : en regardant les autres raideurs, il me semble reconnaître un des concurrents qui est pour l’instant de dos. Lorsqu’il se retourne, pas de doute  je m’aperçois que c’est bien lui : c’est Didier Valade  qui avait participé à ma première Diagonale des Fous (nous avions fait un petit bout de chemin ensemble) et qui avait lui aussi abandonné à l’époque. Grosse accolade entre nous deux, puis quelques minutes de discussion et je lui glisse avec un sourire malicieux : « on l’a finit tous les deux cette année. »

Nous repartons ensemble avec deux autres personnes pour la montée au gîte du Piton des Neiges. Dans un premier temps, je suis derrière Didier et un autre mais je trouve que le tempo est un peu lent pour moi……….bien que la fin du Cap Anglais fût très dure , j’ai encore des « canes » et naturellement je prend la tête du petit groupe. Petit à petit, l’écart entre eux et moi grandit et au bout de quelques minutes, ils ont disparus et  je me retrouve tout seul avec un nouveau groupe de trois personnes en point de mire. Je suis à l’attaque et j’arrive assez vite à revenir sur ce groupe…….oh oh ho…….il faut que tu te calmes Christophe, nous n’en sommes qu’à peine à la mi-course alors après un petit conciliabule dans ma tête entre moi et ….moi (rappelle toi ce que tu t’es toujours dit, la course ne démarre réellement qu’à Cilaos), je décide de rester sagement derrière ces trois personnes et de finir l’ascension avec eux. 17h 40m 40s de course et nous voilà au gîte du Piton des Neiges (80 eme kms soit à peu près la mi-course). Une bonne soupe, un bon coca et hop je ne m’attarde pas, me voilà parti dans un autre gros morceaux de la course mais cette fois descendant, la descente sur Cilaos (8 kms pour 1260m de D-). Je m’élance prudemment, faisant continuellement attention d’être un peu en dedans, mes qualités de descendeur me pousse souvent à envoyer et à griller pas mal d’énergie alors ……..hop hop hop , je me force à descendre tranquillement, tout en souplesse.

J’aperçois Cilaos en dessous et la ville se rapproche lentement mais sûrement, véritablement impressionnante cette descente, nous sommes maintenant trois (deux hommes et une femme) à effectuer la fin ensemble. Je sais que je pourrais allez plus vite mais je me force à rester avec eux afin d’en garder comme on dit. Le Bloc arrive et survient alors le retour à la civilisation, des applaudissements, des visages, que c’est bon de revoir du monde. Un petit morceau de route (tiens cela faisait longtemps) ou j’arrive à bien envoyer et à lâcher mes deux co-équipiers, quelques échanges sympathiques avec les spectateurs (je leur renvoie volontiers leurs applaudissements) et j’arrive au stade de Cilaos. Il est alors 17h 15m (la nuit ne va pas tarder à tomber). Ouffffffffffff……..bien maintenant c’est un cap capital car il s’agit de bien gérer ce gros ravitaillement avant d’attaquer la deuxième nuit de course. J’essaye de suite de me remettre dans ma bulle, d’être froid, méthodique, consciencieux (pas facile avec la fatigue). Procédons par étapes comme prévu : 1- récupération du sac d’assistance. 2- direction les douches du stade afin de se laver les pieds (re-crème Nok) et de se changer. 3- on refait tous ces pleins et, range comme il faut son sac à dos.  4- passage au « restaurant » afin d’avaler une bonne soupe et un plat de pâtes avec du jambon et enfin 5- et c’est là qu’intervient le plus gros changement par rapport à mes 3 premières participations, je décide de faire une micro sieste de 30 minutes. Direction les tentes fournies par l’organisation et hop je m’allonge sur un lit pico avec une bonne couverture et ferme les yeux. Bien entendu, je ne dors pas, il y a beaucoup de bruit, il fait froid mais ce repos de quelques minutes me sera je l’espère bénéfique. Comme prévu, 30 minutes plus tard, pas une de plus, et après un arrêt total de 50 minutes, je me lève, marche en direction de la sortie du stade : ma Diagonale des Fous démarrent réellement maintenant.

 

Cilaos – Marla (102 kms) : 23h 51m 38s en 290 eme position.  

 

Contrairement à l’an dernier ou j’étais reparti de Cilaos déjà cuit, je le sens, je suis en pleine forme enfin si on peut dire cela après 20h de course. C’est très bon pour le moral tout cela !!! Je repars motivé comme jamais pour cette deuxième nuit de course en sachant que c’est toujours là que j’ai commencé à avoir des soucis les années précédentes.  Descente tout en souplesse à la cascade Bois Rouge en petite foulée puis comme d’habitude se dresse devant moi le Col du Taîbit (1160 m de D+). Je décide d’attaquer et de ne surtout pas subir ce col. Toc toc toc, je monte tel un métronome et en plus j’ai la chance d’être rattrapé et doublé par un concurrent  qui à a peu près le même rythme que moi. Je décide de lui imbriquer le pas et reste collé à lui durant toute l’ascension du pied du Taîbit. Malgré le tempo élevé, nous arrivons à discuter et nous atteignons sans nous en rendre compte le ravito du pied du Taîbit. C’est là que nos chemins se séparent car dans mon plan de route, je n’ai prévu aucune pose à ce ravito après ma grosse halte à Cilaos. Je m’élance donc seul dans l’ascension du Taîbit. Comme pour le pied, je suis continuellement en train de relancer et à ma grande surprise je ne vois personne revenir sur moi. Un virage, un autre virage, puis encore un virage, la montée continue au gré des virages et pour l’instant je suis au mieux. Voilà le sommet est atteint et un autre gros morceaux de la course est ainsi derrière moi !!! Pas d’arrêt, direct dans la descente direction Marla. Voilà, je vais rentrer maintenant dans le cirque de Mafate. Alors là, il faut que je sois très clair avec vous, ce cirque ne m’a jamais réussi et c’est toujours à la sortie de celui-ci que j’ai abandonné !!! En environ 40 minutes, j’arrive à Marla. Je vais de suite voir le responsable des tentes pour voir si il y a de la place car j’ai prévu une nouvelle micro sieste de vingt minutes. Grrrrrrrrrr……il m’annonce qu’il n’y a pour l’instant pas de place. Je convient avec lui d’aller me ravitailler et qu’il m’appelle dès qu’une place se libère. Une gentille jeune fille bénévole me prend en main, me dit d’aller m’asseoir et m’amène tout ce dont j’ai besoin (soupe, pâtes, jambon…). Pendant que je mange, elle me propose aussi de faire le plein de mon camel ce que j’accepte volontiers : quelle gentillesse et surtout quel réconfort pour moi. Alors que j’ai presque fini de manger, le responsable des lits me fait signe de venir car un lit s’est libéré. Je ne finis donc pas mon repas de peur qu’on me le pique et hop me revoilà les yeux fermés allongés sous une tente. Ici en pleine nature, il fait encore plus froid qu’à Cilaos et il m’est vraiment impossible de dormir mais je m’efforce quand même à rester 20 minutes allongé. C’est l’heure, je me lève, retourne sous les tentes des ravitaillements et refait tout mon sac à dos. Bizarrrrrrrrrre…….aie que se passe-t’il, en le prenant je m’aperçois qu’il y a plein d’eau sur la table………….tout se chamboule dans ma tête, mon camel est-il crevé…….aie tout allez si bien…….Bon allez je m’assois, après quelques secondes de panique j’ouvre mon sac et en fait c’est tout simplement la gentille bénévole qui l’a mal refermé……..oufff   heureusement que je m’en suis aperçu ici car en pleine nature cela aurait pu avoir de graves conséquences pour moi (manque d’eau). J’aperçois au loin cette bénévole mais je n’arrive absolument pas à lui en vouloir tellement elle a été gentille avec moi. Bon les ennuis continuent pour l’instant, après avoir refait le plein de mon camel, je l’essaye mais il ne marche pas (l’eau n’arrive pas). C’est marrant comme dans ces moments ou l’on est « un petit peu fatigué » tout prend des proportions énormes !!!  Christophe, on se calme me dit une petite voix intérieure…….je ré ouvre mon camel, sors ma poche à eau et m’aperçois que le tuyau est tout simplement pincé (j’ai du mal le remettre quelques minutes plus tôt). Au total, 10 bonnes minutes de perdu mais bon tout va bien le camel remarche impeccable, je peux donc repartir l’esprit tranquille.

 

Marla – Roche Plate (110 kms) : 27h 06m 07s en 278 eme position.

 

11362253moy.jpgCette partie a été pour moi un véritable calvaire l’an dernier. Il faut savoir que dans Mafate, on ne fait que monter et descendre au gré de la rivière des Galets et que cette partie de yo-yo est interminable. Alors cette année, c’est la guerre. Je me mets en mode commando et entame la descente sur Trois Roche. Des pierres, des pierres et encore des pierres, cette descente est très technique et de nuit, il faut vraiment une vigilance de tous les instants. J’avance sur un rythme relativement rapide et essaye constamment de relancer. Je suis seul et sur cette partie du parcours je n’ai en tout et pour tout que doublé 3 personnes. Trois Roche est atteint (il est 23h32), petite pause de 10 minutes le temps de se ravitailler et je repars à l’assaut des montagnes russes en direction de Roche Plate. Je me sens vraiment bien et continue d’avancer d’un pas très volontaire dans la nuit réunionnaise. Je rattrape puis dépasse une bonne dizaine de trailers. Le parcours est une succession de trois grosses montées hyper raides mais heureusement pas très longues et de trois grosses descentes à la rivière des galets. Maintenant, je suis pratiquement tout le temps tout seul n’ayant pas réussi à trouver un concurrent avec le même rythme. Pas grave, je connais bien le parcours et je sais qu’il y a peu de chance de se perdre ici. Pfffffffff……..les montées successives deviennent de plus en plus dures (il faut reconnaître qu’elles sont vraiment raides) et je commence pour la première fois depuis le début de la course à ressentir une certaine lassitude. La bulle, la bulle……. je refais de nouveau un effort psychique afin de me remettre dans ma bulle et de passer outre cette souffrance. Bon c’est vrai les jambes commencent à être lourdes mais bon tout va bien, pas de blessure, j’avance encore sur un bon rythme (la preuve en est que je ne suis doublé par personne) donc…….TOUT VA BIEN (c’est ce qu’on appelle la méthode Coué je crois hi hi hi…..) Enfin, après plus de trois heures depuis le départ de Marla (pour seulement 8 kms) j’arrive à Roche Plate. Je m’approprie de suite une chaise libre, fais bien attention comme d’habitude à bien refaire tous mes pleins puis prend le temps d’ingurgiter une bonne soupe et un petit sandwich au pâté. Je commence (cela doit sûrement être dû à la fatigue) à ressentir un peu le froid alors pour la première fois depuis le début je prend soin de rajouter une troisième couche (imperméable type kway)

 

Trois Roche – Deux Bras (125 kms) : 31h 40m 47s en 274 eme position.

 

Cette partie du parcours, toujours au sein du cirque de Mafate, est similaire à la précédente c'est-à-dire deux montées très très raides mais pas trop longues et deux descentes hyper pentues et très techniques au milieu des galets. Je me sens là mais ma progression est toujours régulière et je n’ai toujours pas de baisse de régime. J’envoie toujours et me bats contre ce parcours qui ne m’a jamais réussi dans le passé. Grrrrrrrrrrrrrrr……malgré la fatigue, j’ai la rage et je ne veux surtout rien lâcher…….je sais par expérience que dès que tu baisse ta garde…….et bien les sentiers de La Diagonale prennent le dessus et çà je ne le veux absolument pas. Alors là, je dois vous le dire, je suis vraiment dans une partie ou c’est la guerre entre elle et moi !!!!!! La première montée est terminée et me voilà au ravito de l’Ilet des Orangers. Je m’assois de suite sur un banc juste en face des tables de ravitaillement et une bénévole me demande si je veux faire un petit dodo. Je lui répond que non et que je le ferai au prochain ravitaillement de Deux Bras (c’est en effet ce qui était prévu dans mon planning de course). Je mange une petite soupe et petit à petit malgré le froid ambiant, je ressens bien que mes paupières clignent un peu (il est 2h41 du mat) alors ni une ni deux, je décide de changer mon plan de course et de faire une nouvelle micro sieste de 20 minutes. Sitôt dit, sitôt fait, je me retrouve sous la tente avec………deux couvertures car je suis frigorifié !!!! Vingt minutes tapantes……allez bouge ton cul Christophe……là je dois dire que je serai bien resté un peu plus longtemps sous la couette mais bon on a une Diagonale a terminer !!!!!! Ouppssssssss…….je sors de la tente mais alors là, je tremble de tout mon corps……….allez faut se bouger, un petit au revoir aux bénévoles et hop je repars en courant afin de me réchauffer. Avant d’attaquer la longue descente vers Deux Bras, une nouvelle montée très raide se dresse devant moi. Je progresse régulièrement même si mon rythme a bien fléchi mais bon après 120 kms de course je pense sincèrement que cela est bien normal. Sommet atteint, on traverse une passerelle puis je croise la tente de la Croix-Rouge qui est installée en haut, quelques petites phrases échangées et je m’élance dans la grosse descente technique vers Deux bras au milieu de la rivière des Galets. Dans cette descente, pour la première fois depuis le début de la course, je commence vraiment à avoir des douleurs dans les jambes……cela commence à devenir dur !!!!!! Le jour commence à se lever, et pas après pas, j’atteins la rivière des galets. Sur la fin de la descente, j’ai rattrapé deux concurrents et c’est à trois que nous nous élançons dans la rivière des Galets. 11375060moy.jpgDeux bénévoles sont là et nous indiquent le chemin à suivre. « Comment çà va » nous lancent-ils ??? Alors là, je ne peux m’empêcher de leur hurler que j’ai abandonné ici l’an dernier mais que cette année « JE VAIS AU BOUT ». Pour tout vous dire, c’est à cet instant là précis, bien que je sais pertinemment que je vais encore souffrir, mais c’est à cet instant que j’ai vraiment réalisé que cette année j’allais terminer La Diagonale (quelques sanglots m’assaillent alors rien qu’à cette pensée mais j’essaye de suite de redevenir très froid car la course n’est pas encore finie) Voilà, je pointe à Deux Bras (c’est ici que j’avais rendu mon dossard l’année dernière alors c’est vrai que j’ai un petit pincement au cœur). Pas le temps de gamberger, il y a des lits de libre alors hop micro sieste de 20 minutes. Je suis à deux doigt de m’endormir quand la bénévole vient……….me réveiller, et oui les vingt minutes sont déjà passée. Direction les sacs d’assistance, je me pose pour bien refaire une nouvelle fois mon sac à dos. J’avais prévu de me remettre un peu de Nok sur les pieds mais j’ai un peu mal et j’ai peur d’avoir des ampoules. Alors plutôt que d’avoir une mauvaise surprise et comme le mal est pour l’instant largement supportable, je préfère ne rien savoir et ne touche donc absolument pas à mes pieds. Un bon petit plat de pâtes avec quelques morceaux de poulet, consultation de tous mes sms de la nuit (dont un  d’anthologie dont je me souviendrai toute ma vie de mon ami Richard) puis un petit coup de fil à ma femme pour lui dire que J’ARRIVE et je décide de repartir pour ma dernière journée de course (il est 6h17 du mat)

Il faut quand même noter que j’ai fait une super nuit car par rapport à l’an dernier j’ai rattrapé tout mon retard accumulé dans la forêt de Bélouvé à cause de la boue.

 

Deux Bras – La Possession (141 kms) : 36h 35m 05s en 253 eme position.

 

Maintenant, il faut sortir du cirque de Mafate et pour ceux qui connaisse et bien il faut passer par ce que l’on surnomme « le mur » de Dos d’Ane. Et oui, j’ai bien dit le mur, un véritable mur se dresse devant vous et il faut monter droit devant, cela ressemblant par endroit à de l’escalade. Je suis parti seul mais rapidement je suis doublé par un, deux, trois ……..quinze, seize………bordel mais que m’arrive t’il…….je n’avance plus ou quoi…..pourtant au fond de moi je n’ai pas réellement ce sentiment……..mais bon il faut se rendre à l’évidence car un nouveau groupe de quatre cinq coureurs me dépassent. Le dernier de ce petit groupe me lance alors « chapeau monsieur, je sais pas comment vous faîtes » alors là déclic immédiat dans ma tête, en fait je n’ai pas baissé de rythme mais c’est tout simplement les concurrents de la petite course « la Mascareigne » 18 kms qui m’ont doublé(et oui en regardant bien ils n’ont pas le même bracelet que moi)…… normal non, ils sont frais comme des lapins eux…….agrrrrrrr…..cela me redonne un moral d’enfer et après quelques lacets un peu moins rudes, je rejoint trois trailers. Oupppppssssssss……je leur emboîte le pas et décide de ne plus les lâcher jusqu’au sommet même si par moment cela fût dur pour moi tellement la pente est rude. Bon maintenant, il faut être réaliste, je commence à piocher et là tout se passe dans la tête. Les jambes sont lourdes et le seul moteur est maintenant la tête. Et oui mais cette année, de ce coté là, je suis prêt alors j’avance comme un métronome et m’accroche à mes compagnons d’aventure. Le mur est franchi et de loin nous apercevons beaucoup de monde qui nous attend……applaudissements, sourires, nous retrouvons de la chaleur humaine après une nuit complète en pleine nature……que c’est bon !!!! Maintenant, descente sur la Possession, d’abord par la route puis d’un coup par un sentier incroyablement abrupte et touffu. Là c’est vraiment trop abrupte pour moi et chaque pas est une souffrance pour mes cuisses…..il faut que je m’accroche aux arbres afin de ne pas dévaler trop vite. Agrrrrrrr de nouveau une grosse montée, agrrrrrrrrrrrrrr…..là çà y est je commence à en baver, je serre les dents, je sais que je suis moins bien (c’est la première fois depuis le début) et qu’il faut que je laisse passer l’orage (pas vrai Ange, Did et Colette « après un coup de moins bien, arrive toujours un coup de mieux !!!) Dans la montée, il commence vraiment à faire très chaud (nous sommes en effet sur le coté de l’île ou il fait pratiquement toujours beau) et je décide d’enlever toutes mes couches de la nuit. Je rame et attaque de nouveau une grosse descente en direction de La Possession. D’un coup, je porte ma main sur ma tête et là……..stupeur, je n’ai plu ma casquette…….bordel j’ai du l’oublier lorsque je me suis changé !!!  Là, grosse galère car avec le cagnard qu’il y a, je risque de souffrir…….bon allez quelques secondes de concentration et je décide de faire abstraction de cela, si vraiment il fait trop chaud, je me mettrai un…..tee-shirt sur la tête (Mc Gyver le Christophe !!!)

Arrive un premier petit ravito à l’entrée de La Possession et que vois-je, tous les bénévoles avec des casquettes du Grand Raid. Ni une ni deux je leur explique mon pépin et je me dis qu’il y a bien un d’entre eux qui aura pitié de moi et me laissera sa casquette. Et bien………je me suis carrément trompé, je suis tombé sur le seul ravito de la course ou il n’y a que des c... ma politesse m’empêchera de vous dire ce que je pense d’eux…..bon allez ils m’ont tellement mis la haine que je ne me ravitaille même pas (il me reste de l’eau) et je file direction le stade de la Possession à 7 kms. Pour l’anecdote, une de ces bénévoles a carrément refusé de faire le plein du camel d’un des concurrents sous prétexte qu’elle était occupée ce qui était totalement faux…..je n’avais jamais vu cela auparavant. Je profite de cet incident pour tirer un immense coup de chapeau à tous ces bénévoles qui sont aux petits soins pour nous tout au long de la course et précise que ce poste est vraiment une exception. Merci du fond du cœur à eux tous.

Les 7 kms qui me mènent au stade de La Possession sont interminables, on monte, on descend, j’ai beaucoup de mal et je suis en plein cœur de mon coup de moins bien. Malgré tout, avec l’expérience accumulée ces dernières années, je gère et continue malgré tout à avancer correctement (en fait seul des concurrents de la petite course me doublent)

Voilà il est 10h35, il fait maintenant très chaud et je rentre au stade de La Possession. Vous rendez-vous compte, il ne me reste plus que 20 kms à effectuer, çà sent le bon bout tout cela……de nouveau je sens quelques sanglots monter mais de suite je me reprend et je ne veux surtout pas me laisser submerger par l’émotion (rien n’est encore gagné et tout peut encore arrivé, j’ai bien arrêté à 14 kms de l’arrivée une année !!!!)  Tiens, tiens, tiens, de nouveau plein de bénévoles avec des………..casquettes alors je décide de retenter ma chance et là comme par enchantement, ils se battent presque tous pour me donner LEUR casquette…..quel bonheur que de voir cette gentillesse et surtout cela me redonne un moral en béton car je n’ai plus à craindre du soleil !!!!!! Un rapide ravitaillement, encore un plein du camel et hop on traîne pas et on repart Christophe direction……….St-Deniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis.

 

La Possession – Colorado (156 kms) : 41h 03m 41s en 243 eme position.

 

Alors là me voilà parti pour un chemin dont j’entend parler depuis plus d’un an mais que je ne connais absolument pas : le fameux chemin des Anglais. Et bien tout ce que je peux vous dire c’est que maintenant je le connais bien et que j’en ai vraiment bien ch…. !!!!!!!! Ce sentier qui est pavé tout le long monte avec des pentes abruptes et après chaque virage ou l’on a le sentiment qu’il est fini et bien……..il monte encore !!!!! Bon là je suis carrément dans le dur de dur et je pioche un maximum, les jambes souffrent et je donne tout ce qu’il me reste afin de passer ce chemin. Je fais plusieurs petite pause durant cette ascension et j’essaye à chaque fois de reprendre un rythme correct mais bon là cela devient difficile. Heureusement, quelques faux plats permettent de se refaire un peu la cerise et finalement j’entame la descente en direction de La Grande Chaloupe. Bon ouais……… finalement la descente sur des pavés tous inégaux les uns des autres ce n’est pas beaucoup mieux et je me dit que je préférais presque la montée !!! Ravito de La Grande Chaloupe enfin atteint (146 eme kms). Je discute avec le chef de poste qui m’explique qu’il reste une grosse montée pour arriver au Colorado et le descente finale sur St-Denis. «Allez  3-4 heures d’efforts » me dit-il………. Yesssssssssss……..avec la fatigue, j’en avais un peu oublié ou j’en étais mais là franchement ce qu’il vient de me dire me redonne……..carrément la pêche……j’appelle alors une nouvelle fois ma femme pour lui dire………que je serai à La Redoute à………..16h !!!!!! Et hop, ni une ni deux, après avoir fait une dernière fois les pleins, je m’élance de nouveau sur ………..la deuxième partie du chemin des Anglais toujours aussi abrupte. Pour en avoir discuté avec des concurrents qui l’ont fait l’an dernier, je sais que le plus dur de cette ascension en direction du Colorado se situe maintenant. Je fais l’effort de donner donc toutes les forces qu’il me reste et je gérerai la fin comme je le pourrai. Un pas, deux pas, mètre après mètre, je progresse et je suis vraiment de nouveau rentré dans ma bulle, souffrant certes mais avançant inlassablement. Les concurrents ne m’avaient pas menti, une fois sorti des parties pavées, la montée devient moins rude sur des sentiers en terre puis nous attaquons une longue montée régulière par la route afin de rejoindre le lieu-dit « la fenêtre » Cette partie route me permet de bien repartir et chose incroyable je retrouve même des jambes !!!! Je relance et là franchement ça commence vraiment à sentir bon. Ce lieu dit atteint, nous reprenons un sentier qui serpente sur les crêtes de St-Denis. Je rattrape trois concurrents et fais un bout de chemin avec eux. Hop nous sortons des sous bois et nous rencontrons deux personnes qui nous disent que nous ne sommes pas loin du Colorado. Colorado sonne comme un déclic dans ma tête car je sais qu’après il ne reste que la descente sur St-Denis. Alors que cela fait plusieurs heures que j’ai un peu de mal à courir et bien je pars dans une accélération dévastatrice pour mes trois partenaires et dévale la pente comme un « fou » en direction du ravitaillement du Colorado.

Je sais que je n’ai plus que 45m-1h de course max alors comme j’ai encore de l’eau dans mon camel et bien je zappe carrément celui-ci et m’élance directement dans la descente.

 

Colorado – Stade de La Redoute (161 kms) : 42h 01m 54s en 237 eme position.

 

Dès que j’attaque les premiers lacets de cette descente, je sens que tout est en train de relâcher en moi et je commence déjà à réaliser ce que je viens de faire. Des images de mes précédents échecs défilent et là je sens vraiment que çà monte fort…. je commence à pleurer (de joie bien sur !!!!) et mon visage ne fait que rire et pleurer, rire et pleurer……..je suis à ce moment là tout seul au monde, sur une autre planète que je nommerai SERENITE et ces instants là, en totale paix avec moi-même resteront à jamais graver dans ma mémoire………c’est vraiment totalement jouissif de fondre sur l’arrivée en la voyant tout au loin en bas de vous tout en sachant que vous venez de parcourir 162 kms et 20 000 m de dénivelé cumulé……….pfffffffff je savais que j’avais raison de persévérer mais jamais je n’aurai imaginé ressentir des choses aussi fortes émotionnellement !!!!!!

Attention…….. bordel…….c’est bien beau de pleurer mais mon pied vient de rater une pierre et j’ai évité la chute de justesse…….j’essaye de me ressaisir et de me reconcentrer mais je n’y arrive pas….. ….rebelote je me remets à pleurer comme un gamin….allez tant pis je décide de tout laissez aller et je pleure et je pleure….je suis trop HEUREUX…..ouahhhhhhhhh……….ça valait la peine d’abandonner trois fois hi hi hi…….un virage, deux virages, encore un petit virage et j’entend une clameur juste en dessous de moi, ça y est j’arrive sur la route du stade, sèche rapidement mes larmes, haranguent les premiers spectateurs placés juste sous le pont et voilà…………. la suite vous la connaissez déjà cette année : JE SUIS SURVIVANT en 42h 01m et 54s !!!!!!!!

 

Conclusion.

 

Cette Diagonale est tout simplement une course phénoménale que je souhaite à quiconque de découvrir un jour.

Hormis le fait d’avoir enfin terminé cette course, ma plus grande fierté et d’avoir eu le courage d’y retourner après un gros coup de blues l’année dernière.

Pour finir, je voudrais remercier ma femme et mes enfants mais aussi tous ceux qui m’ont suivi et soutenu, vous savoir derrière moi aura été un soutien moral incroyable.

JE VOUS AIME TOUS !!!!!!11373280.jpg

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 08:55

 

Et bien voilà, le mauvais sort est conjuré !!!!

 

Après mes trois premières tentatives avortées, j'ai enfin réussi à terminer cette fameuse Diagonale des Fous (162 kms pour 20 000 m de dénivelé cumulé)

 

259.JPG

 

Cette fois-ci, cette course s'est déroulé exactement comme j'en avait révé et je finis dans un temps inespéré de 42h 01m 54s pour une excellente 237 eme place sur 2400 participants (le record d'abandons a été battu avec presque 50/100 d'arrêt) .

 

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Maintenant place à la récup et ensuite je vous concocte un bien beau petit récit.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 07:10

Galinette 004

 

A la place de cet article, vous auriez du avoir comme d'habitude un résumé de ma dernière course "Les Drailles de la Galinette"

 

Galinette-008.JPG

 

Seulement voilà, je n'ai vraiment pas grand chose à vous dire sur ce trail sinon que cela s'est mal passé et que j'ai fini en marchant les 10 derniers kilomètres !!!

 

Galinette-006.JPG

 

Une nouvelle fois, comme lors de La Diagonale, je me suis retrouvé durant la course à me demander ce que je "foutais" là.........hummmmmm vraiment pas bon tout cela !!!

 

Ces 10 derniers kilomètres ont de nouveau alimenté ma réflexion (déjà longuement entamée depuis La Diagonale) et ma décision est finalement tombée : j'arrête la course à pied.

 

Je ne suis absolument pas triste et n'ai aucun regret (j'aurai quand même essayé de reprendre après La Diagonale avec le Trail de Noel, le trail off de l'Estérel et La Galinette) mais cette décision est la suite logique à ce que je ressens depuis plusieurs mois.

 

En effet, ma vie personnelle et professionnelle actuelle ne me permet plus de m'entraîner comme je le souhaite et pour être très clair, le PLAISIR n'est plus là !!!

 

Le plaisir étant le moteur principal dans toutes les activités que je souhaite faire, il est totalement normal que j'arrête si celui-ci n'est plus présent.

 

Il ne faut jamais dire JAMAIS, alors arrêt définitif ou simple break, pour l'instant je ne sais vraiment pas, la seule chose qui est sûr c'est que j'annule toutes mes courses pour 2011.

 

Je ne pourrais finir cet article sans adresser un IMMENSE MERCI à tous ceux qui n'ont cessé de me suivre sur ce blog depuis l'ouverture de celui-ci en février 2006 !!!

 

Amitiés à tous.

 

Galinette-003.JPG

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